Archive pour la Catégorie 'Rouen'

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Enfin la décision!

dsc01399.jpgdsc01398.jpgdsc01327.jpgProjet d’Abraham Hardouin

Suite à l’épidémie de 1650 , la décision de la construction de l’Hôtel Dieu allait être prise  un siècle après l’élaboration du projet.

Il fallait en finir , la première idée de construire un grand hôpital était mis en délibération par la ville à chaque épidémie .Celle ci commençait  des réalisations imparfaites qu’elle laissait dès que l’épidémie diminuait. Un siècle que les terrains étaient achetés, construits de baraquements.

Le bureau de l’Hôtel Dieu et le bureau des valides , après délibérations , décidèrent du plan et de la distribution du futur hôpital . L’architecte Abraham Hardouin maître architecte présenta un plan qu’il présenta au maître d’ouvrage de la ville, Languedor. Le 27 janvier 1654 ,la décision de construire sans délai fut prise pour le soulagement et l’éloignement des malades pesteux, et de ceux qui » par le mauvais air de contagion « .

Les travaux commencèrent aussitôt, il fallait d’abord libérer le lieu de santé des baraquements et les transporter ailleurs.On organisa  un hôpital au lieu dit » au nouveau monde  » au Faubourg Saint Sever (rive gauche de la Seine)

 

La Madeleine

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Louis XIII et la Madeleine devant le porche de la cathédrale

Un désastre matériel s’abattit sur l’Hôtel Dieu en 1624, un incendie qui dura six jours réduisit la Madeleine en cendres .Des quêtes des années précédentes sous forme d’impôts , de l’octroi du roi de 100000 livres, malgré les besoins accrus de l’hôpital ,une partie de ces fonds et grâce aux libéralités du roi Louis XIII, les lieux prieuré , salle des malades , église furent en partie réédifiés.

Une nouvelle épidémie se déclara en 1649.

Une idée de François Citoys germe dans son esprit

Medecin du roi ,il conseille un remède plus sûr, l’idée est de prendre un quartier à part et mettre en pratique les « pillules de tribus ».C’est à dire s’en aller loin des quartiers infestés , pour une mise en quarantaine allant jusqu’à trois mois  et revenir dès qu’il n’y aura plus de malade , Rouen se vida d’un tiers de sa population plusieurs fois , dont en 1621.

 Les maisons étaient l’objet de désinfection par le feu en fermant toutes les issues , nettoyages, bruler les ordures lits dans les cheminées ou devant la porte, désinfection par ébullition des vêtements ,linge.

Cette opération terminée, les parfumeurs comme on les appelait , se changeaient pour quitter la maison , et ne pouvaient rentrer chez eux que deux jours plus tard.

 

Remèdes dérisoires

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Mise à part l’intervention des chirurgiens sur les bubons , l’époque était dépourvue devant un tel fléau.

Un vieux remède de Galien , l’opium et clou de girofle , muscade ,aloes,menthe ect qui est donné.

Le Dr Jouyse en 1620, le modifia avec du jus de citron , de la conserve de roses,du safran qu’il faisait cuire doucement et le prescrivait à raison d’un dose avant le repas , à volonté après.

Autre remède le tabac

Les formes différentes de la peste

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Marin Le Pigny  fut médecin au XVIè à L ‘HD 

Toujours selon les écrits du Dr Boucher:

 Une grande sensation de chaleur,fièvre, frissons qui donnaient le cri d’alarme, le visage livide, les malades devenaient prostrés avec de violentes céphalées, et délires.Si ce stade était était supporté , les bubons apparaissaient au deuxième ,troisième jour à l’aîne , l’aisselle , sous la gorge,derrière les oreilles ,avec des taches rouges violacées qui progressivement devenaient pustules , et phlegmons.

Il existait une  forme « éphémère » car elle pouvait durer peu de temps.

La forme putride était l’évolution décrite ci-dessus, l’évolution allait jusqu’à trois semaines.

 La peste annonciatrice d’une mort certaine ,  , était celle qui dès le début était marquée par d’ hémorragies et d’ éruptions sanguines .

La pire , est la forme hectique , la plus longue de toutes qui offrait un spectacle terrifiant, évoluant après les bubons  vers la formation de bulles noirâtres couvrant une partie du corps laissant après rupture une surface dénudée , point de départ de suppurations abondantes.Les malades ne succombant pas au départ de la maladie , présentaient des symptômes paralytiques et mourraient de septicémie.

 

 

 

Pourquoi une telle épidémie de peste ?

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Pourquoi cette épidémie massive de 1616à 1623?

Le docteur Boucher l’attribue au manque d’hygiène ,à la malpropreté de la ville , où la misère et la disette sévissaient.De l’abscence de locaux pour recevoir les malades,l’insuffisance du service médical, à l’affluence des vagabonds,mendiants qui rôdaient dans les rues, il n’existait pas de « clouaques » dans la plupart des maisons.

« Et la peste est un mal supérieur parce qu’elle est une crise complète après laquelle il ne reste rien que la mort ou qu’une extrême purification. »

Antonin Artaud.

Les défilés funèbres par le Dr Boucher

dsc01355.jpglesma.jpgMalades bénit à Rouen

L’ensevellissement des cadavres avait lieu la nuit au cimetière Saint Maur , les défilés des charrettes passaient  par la ruelle Saint Maur si la charge était trop lourde ,ou par la ruelle Crevière (Crevier).

Les corps étaient rangés par files dans un linceul blanc,le fossoyeur et le charretier  jetaient en hâte des pelletés de terre,les religieux prononçaient les dernières oraisons.

Le charretier fermait à clé , abandonnant les sépultures à peine recouvertes aux chiens et loups qui venaient gratter la terre encore fraîche,et emmenaient des débris humains hors du cimetière.

(En 1526, fondation de l’Aître Saint Maclou(aître =atrium en latin , parvis de l’eglise du même nom et et son cimetière.)

(Au cimetière Saint Maur ,à la fin du XIXè, il existait encore de modestes monuments funéraires à la mémoire des 19 pères capucins morts en soignant lespestiférés, morts dans le lit d’honneur)

L’horreur décrit par le Docteur Boucher

dsc013251.jpgRouen en 1620

A chaque instant , les malades affluaient criants de souffrances. Les marqueurs en amenaient tant ,qu’ils les allongeaient sur des couches souillées , occupées.

Les sergents dont le service fut doublé , s’impatientaient contre les pesteux jusqu’à les brutaliser,et contre l’administration à laquelle ils demandaient des sols de plus pour enterrer les morts.

Ils s’enivraient pour continuer leur charge , se présentaient ivres dans les maisons ,souvent hués, attaqués avec des cailloux  par la foule.

Pendant cette période,on refusait de marquer les maisons, on payait les prévôts , on enlevait la croix apposée et les serviteurs dissimulaient la baguette blanche qu’ils devaient portés. D’autres portaient des masques , fausses barbes pour circuler.Le parlement pris des sanctions en cadenassant les maisons et sévissant contre les habitants

  »La Mort Rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aiguës, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. L’invasion, le résultat de la maladie, tout cela était l’affaire d’une demi-heure. » Traduction de Beaudelaire la mort rouge

Inertie du projet

dsc01341.jpgdsc013241.jpgRouen en 1595

Suite à l’épidémie de 1580 , le Parlement demande des souscriptions dans toutes les églises , afin de de commencer les bâtiments sur les terrains de feu Mr Prudhomme(Général des finances en Normandie). Il fut construit  du provisoire, sorte de baraquements pour y mettre les pestiférés que les religieux de l’Hôtel Dieu venaient soigner.D’autres , les « suspects »logèrent  à Saint Julien , l’ancienne léproserie.

En 1619 , la terrible épidémie, une jeune fille couverte  de pourpe arriva à l’Hôtel Dieu, Charles le Huc ,chirurgien diagnostiqua la peste à l’aine.

Le fléau dura quatre ans, d’une telle empleur qu’il fallut coucher les malades à même le sol, malgré les baraquements réaménagés.

 

Le début d’un grand projet

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St Roch est réputé pour sauver les malades de la peste. Lui-même a été touché par ce fléau. Cette sculpture en bois polychrome du XVIème siècle le présente vêtu de son costume de pèlerin avec son chapeau portant les clés de St Pierre, et montrant le bubon de la maladie. (CHU)

En 1518 , à la suite d’une nouvelle épidémie de peste ,on délibère sur la construction d’un hôpital exclusivement réservé aux pestiférés, ce fut la première annonce du futur hôpital Saint- Louis-Saint-Roch.

Le projet émis à cette période ne fut pas mis en oeuvre , les réjouissances de l’oppulente cité faisaient oublier les terreurs du moments.

Devant l’inertie de la ville et de l’Hôtel Dieu , le parlement agit en 1556, par  arrêté , et délibération sur l’emplacement à venir,l’Hôtel Dieu eu l’obligation d’acquérir des terrains dans le faubourg Cauchoise appartenant au Général Prudhomme ainsi que des terrains contigüs appartenant à l’abbaye de Fécamp en 1569.

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